Le crash tragique du vol Air India 171 survenu hier dans un quartier résidentiel à Ahmedabad peu après le décollage relance une question pertinente et brûlante sur la fiabilité opérationnelle technique du Boeing 787 Draimliner. Depuis son introduction dans le marché aéronautique civilo-commercial en 2011, cet appareil a été présenté comme une révolution des airs, synonyme de modernité, d’efficacité et de sécurité. Pourtant les incidents et les controverses qui entourent sa conception et son exploitation jettent une ombre sur son image au regard de plusieurs défaillances techniques relevés depuis sa mise en service.
L’accident grave dans lequel on a eu un seul survivant Viswash Kumar Ramesh, miraculé sur 265 morts officiellement enregistrés par les services de secours et de sécurité indiens, est révélateur d’un malaise plus profond. L’enquête étant en cours, les premières analyses observées et enregistrées soulèvent déjà la possibilité d’un problème technique lié à l’appareil. Un scénario qui, s’il se confirme, pourrait venir alimenter le long historique de défauts ayant émaillé la carrière du Dreamliner. Ce modèle sensé être un symbole du renouveau technologique de Boeing, a pourtant été marqué par des failles ou des défaillances récurrentes depuis sa mise en service on peut relever :
- Des problèmes structurels liés à un défaut d’assemblage du fuselage, entraînant des retards de livraison et des révisions de production.
- Des incidents électriques survenus dans plusieurs cas où des batteries lithium-ion ont provoqué des incendies à bord.
- Des systèmes électriques défaillants avec des anomalies relevées dans les capteurs et la gestion du cockpit, avec des alertes inattendues lors de certains vols.
Si les causes précises du crash de la compagnie nationale indienne « Air India 171 » restent à établir, les tendances observées dans l’exploitation du Draimliner 787 nourrissent une inquiétude croissante chez les compagnies aériennes clientes du géant américain qui sont soit dans une phase de commande, soit dans une phase d’attente de livraison après commande. Cette inquiétude est partagée par des régulateurs aériens internationaux.
Boeing peut-elle être face à une crise de confiance ?
Le géant américain est déjà sous pression depuis la débâcle du 737 Max qui a conduit à deux crash mortels en 2018 et 2019, causant la mort de 346 personnes. Pour éviter les poursuites judiciaires le constructeur américain avait alors conclut un accord aux États-Unis d’un montant d’1.1 Milliard de dollars et avait également été contraint de revoir ses protocoles de sécurité, mais la confiance de la clientèle que sont les passagers et des compagnies aériennes a été sérieusement écornée. Avec ce nouvel accident, les questions se multiplient :
- Les audits de sécurité chez Boeing sont-ils suffisamment rigoureux ?
- L’entreprise privilégie t’elle la rentabilité au détriment de la sécurité ?
- Les régulateurs internationaux doivent-ils renforcer leur contrôle sur les appareils Boeing ?
Air India, qui mise sur une forte flotte modernisée avec le Dreamliner au regard du marché aérien indien en plein expansion, pourrait voir sa stratégie remise en question. Cet incident pourrait influencer les décisions d’achat et de régulation aérienne dans les mois à venir.

Quel avenir pour le Dreamliner et Boeing ?
Tant que l’enquête sur le crash du vol Air India 171 n’aura pas livré ses conclusions, Boeing continuera de défendre la fiabilité du Dreamliner. Mais n’empêche que l’industrie aéronautique soit à un tournant avec des passagers, les compagnies aériennes et les régulateurs qui exigent des garanties solides en matière de sécurité. Si de nouvelles failles structurelles ou techniques sont mis à jour, Boeing pourrait voir sa position dominante menacée par des concurrents comme Airbus avec ses modèles plus fiables et économiques, en attendant les intrusions inattendues sur le marché des modèles chinois et russes qui n’entendent plus subir le dictat des deux géants mondiaux. Ces alternatives sont annoncées plus fiables, plus sécurisées avec des innovations technologiques et techniques de hautes factures.
L’accident d’ Ahmedabad avec la vive émotion que cela a suscité à travers le monde, est peut-être plus qu’un simple drame. Il est le symbole d’un défi industriel, commercial et éthique, où la sécurité des voyageurs doit primer sur les impératifs financiers. Les résultats des enquêtes participeront à faire bouger d’une manière ou d’une autre toute l’industrie aéronautique sur les plans sécuritaires, techniques et commerciaux.
Éric Moïse NKOUANDOU MOUNTOUMNJOU